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Anta Seck, coordonnatrice du PGIRE

admin
Last updated: septembre 16, 2022 10:49 am
admin
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« Ma détermination à travailler sans relâche pour me hisser à un niveau respectable… »

Elle est jusqu’ici la seule femme à avoir occupé le poste de Directrice générale de la SONES. Aujourd’hui, à la tête du Programme de Gestion intégrée des Ressources en Eau (PGIRE), Anta Seck est une brave dame qui s’est toujours battue pour réussir.  De l’école Médina où elle a fait ses humanités au CESAG d’où elle est sortie avec son Diplôme Supérieur de Gestion des Entreprises, cette dame au parcours impressionnant, a su, avec force et détermination, diriger avec succès plusieurs structures.  Des postes de responsabilité qui lui ont valu les honneurs de la nation. La principale difficulté dans sa riche carrière :  la panne de l’usine de Keur de Momar Sarr en 2013 qui avait plongé Dakar dans une pénurie d’eau sans précédente.  Mme Seck a tenu bon. Avec un style de management participatif, elle est l’incarnation d’un leadership qu’elle continue d’entretenir avec brio.

Pouvez-vous revenir sur les grandes lignes de votre carrière professionnelle ?

J’ai débuté ma carrière professionnelle au ministère de l’Hydraulique, plus précisément à la Direction de l’Hydraulique rurale. J’ai été cheffe de projet dans le cadre du Programme spécial d’Hydraulique rurale initié par le Gouvernement au lendemain du cycle de la sécheresse des années 70-80. Ensuite de 1995 à 1998, j’ai été Conseillère technique chargée des Affaires hydrauliques dans le cabinet du ministre d’Etat auprès du président de la République, Maitre Abdoulaye Wade. En 2001, j’ai été nommée Conseillère technique du ministre de l’Energie et de l’Hydraulique par Macky Sall, ensuite j’ai occupé les postes de chef du Service de Gestion et de Planification des Ressources en Eau (SGPRE) qui sera érigé en 2003, en Direction nationale chargée de gérer les ressources en eau sur l’ensemble du territoire. A partir de cette station, j’ai assumé pendant cinq ans les fonctions de Présidente du Comité technique des Experts pour l’Afrique de l’Ouest, du Conseil des Ministres Africains chargés de l’Eau (AMCOW) dont Macky Sall est l’un des membres fondateurs. En 2013 j’ai été nommée Directrice générale de la Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES). A ce jour, je suis la seule femme à avoir occupé ce poste. Aujourd’hui, je suis à la tête du PGIRE et cela depuis 2016.

Cela fait six ans que vous dirigez le PGIRE. Mais en arrivant quel était pour vous le défi à relever ?

Malgré mon expérience internationale dans le cadre de l’AMCOW, le grand défi pour moi était d’avoir une plus grande ouverture pour comprendre et m’adapter à l’environnement pluridisciplinaire et multiculturel d’un projet qui intervient dans les quatre États- membres de l’OMVS, que sont la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Je continue à servir mon pays et c’est pour moi un réel plaisir de faire de même pour les autres Etats-membres de l’OMVS. 

Pensez-vous qu’il y a des écueils qui empêchent les femmes d’accéder à des postes de responsabilité et à exceller dans certains secteurs d’activités (scientifiques notamment).

A mon avis, il y a trois facteurs qui empêchent les femmes de briguer des postes de responsabilité : le plafond de verre qui constitue véritablement un obstacle dans l’évolution de la carrière des femmes ; la culture et les stéréotypes qui ont déjà attribué une place à la femme dans la société et entravent ainsi leur accès à certains postes de responsabilité ; la préparation des jeunes filles aux filières scientifiques. Généralement, les jeunes filles font les frais des idées préconçues qui veulent que dans le domaine professionnel certains métiers soient l’apanage des hommes. Heureusement que de nos jours, les choses sont en train de changer et des efforts sont notés pour la promotion des femmes.

Personnellement, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre carrière ?

La seule et vraie difficulté à laquelle j’ai eu à faire face dans ma carrière est la panne de l’Usine Keur Momar Sarr en 2013. Une panne survenue quatre mois après ma prise de service et qui avait plongé Dakar dans une pénurie d’eau sans précédente. Je n’étais pas directement responsable, mais comme vous le savez, l’Etat est une continuité, il fallait donc assumer.

Aujourd’hui, je me réjouis des résultats probants réalisés dans le secteur de l’eau au Sénégal. L’approvisionnement en eau de Dakar est sécurisé, la première phase de KMS3 est fonctionnelle, la diversification des sources d’approvisionnement en eau potable est en cours avec la réalisation de la station de dessalement d’eau

En tant qu’ingénieure comment avez-vous réussi à vous imposer ?

Au début, ce n’était pas facile, personnellement, j’avais accusé un certain retard par rapport à mes collègues hommes, car en tant que femme mariée je devais m’occuper de mon foyer et de mes enfants. Seulement, ma détermination à travailler sans relâche pour me hisser à un niveau respectable, m’a permis de bénéficier de la confiance des hautes personnalités avec qui j’ai cheminées. Je suis très fière de bénéficier de la reconnaissance des autorités à travers les décorations successives qu’elles m’ont attribuées, allant du grade de Chevalier de l’Ordre national du Lion en 1996 à la Dignité de Grand Officier de l’Ordre national du Lion en décembre 2019, en passant par le grade d’Officier de l’Ordre national du Lion en 2002 et de Commandeur de l’Ordre national du Lion en 2010.

Quelles sont selon vous les 5 clés du succès ?

La patience, la persévérance, la rigueur, l’humilité et l’ouverture. 

Quel est votre rêve africain ?

Je rêve d’une Afrique unie et émergente et qui croit en ses potentialités.

Aïssatou FAYE

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