À l’occasion des 16 Jours d’Activisme, APEL-JFF a réuni ce vendredi 6 décembre 2025 des expertes et des jeunes pour décrypter la montée des violences de genre facilitées par la technologie. Une table ronde qui met en lumière l’urgence de sensibiliser et d’outiller les femmes, particulièrement exposées dans l’espace numérique.
Alors que la campagne internationale des 16 Jours d’Activisme rappelle chaque année l’ampleur des violences infligées aux femmes et aux filles, une forme d’agression en plein essor retient de plus en plus l’attention : les violences de genre commises par le biais des outils numériques. Cyberharcèlement, diffusion d’images intimes sans consentement, injures sexistes, menaces, chantage ou usurpation d’identité… les attaques se multiplient et touchent en priorité les jeunes utilisatrices actives sur les réseaux sociaux.
C’est dans ce contexte préoccupant qu’APEL-JFF a organisé, vendredi 6 décembre 2025, une journée de réflexion intitulée “Jeunes femmes et violence numérique : comprendre et agir.” La rencontre a réuni les panelistes Fatou Binetou Mbodj, Fatoumata Seynabou Kane et Ndéye Astou Diouf, sous la modération de Mademba Gaye et Sokhna Wangué Ba, afin d’analyser ces nouvelles formes de violences et partager des pistes d’action concrètes. Les échanges ont rappelé que le numérique représente à la fois un formidable outil d’émancipation, mais aussi un terrain d’exposition aux risques. Les réseaux sociaux, les téléphones intelligents et les plateformes interactives ont ouvert de vastes opportunités d’information, d’éducation, d’expression publique et d’entrepreneuriat. Pourtant, cette liberté reste entravée par la prolifération d’attaques ciblant les femmes, dont la présence en ligne est souvent scrutée et stigmatisée.
Les données d’ONU Femmes le confirment : une femme sur trois déclare avoir subi des violences ou abus en ligne. Au Sénégal, selon l’ANSD (2023), l’accès à Internet demeure moins élevé chez les femmes (45 %) que chez les hommes (60 %), mais cette moindre présence ne les protège pas. Les normes sociales et la pression liée à l’image exposent davantage les femmes aux agressions virtuelles, notamment dans un contexte où la parole publique féminine est encore contestée. Face à cette réalité, les intervenantes ont insisté sur la nécessité d’ouvrir des espaces de dialogue, d’accompagnement et de renforcement des compétences, afin de permettre aux jeunes femmes de maîtriser les environnements numériques tout en se prémunissant contre les violences qui y circulent. La journée a ainsi mêlé analyses, témoignages et recommandations, avec un objectif clair : transformer le numérique en levier d’autonomisation plutôt qu’en source de vulnérabilité.
Ndeye Safiatou Ly SYLLA


