BOUBACAR DIALLO alias DJ BOUBS

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Homme de Média, Un bel exemple de persévérance

Boubacar Diallo alias Dj Boub’s n’est plus à présenter dans le monde médiatique. Après plusieurs années dans l’animation, il est connu, reconnu et respecté. Sa passion grandissante et ses ambitions l’ont poussé à entreprendre. Avec ses partenaires, ils ont mis en place le groupe E-media qui comporte une télévision, une radio, un site et un quotidien. Malgré les difficultés de l’entrepreneuriat Boub’s ne compte pas en rester là. Il envisage de réaliser d’autres projets.

Les trois villes qui ont forgé Dj Boub’s

« J’ai fait mes humanités à Soumbédioune. Après l’obtention du CFEE, j’ai déménagé à Guédiawaye où j’ai décroché mon Brevet de fin d’étude moyen. Au gré des affectations de mon père, je me suis retrouvé à Rufisque, c’est là-bas où j’ai eu mon Baccalauréat. Ensuite, j’ai suivi une formation en comptabilité, informatique et gestion. Toutefois, il faut noter que Guédiawaye m’a forgé, a fait de moi un homme, un vaillant, un combattant. Toutefois, Rufisque a fait de moi un homme organisé, méthodique et ouvert d’esprit. Cette ville a fait de moi un homme sociable. Je peux dire que ce sont ces trois endroits qui ont forgé Boubacar Diallo.

C’est en écoutant l’émission « sous les tropiques » que j’ai appris le métier d’animateur. J’y ai cru, Je me suis beaucoup investi dans ma carrière, j’ai pris mon métier au sérieux et je me suis formé. Aujourd’hui à force de volonté, de détermination et de courage je suis passé d’employé à employeur.

Ce qui a poussé Boub’s à entreprendre

« Le déclic, c’est que je voulais faire des choses que je ne pouvais pas faire en tant qu’employé. J’avais des gens à aider, à insérer, des projets de film, de téléfilm, d’émissions…Alors je savais que je ne pouvais pas le faire en étant sous les ordres de quelqu’un. J’ai été employé pendant 15 ans, et j’ai senti qu’il était temps pour moi de changer de cap. C’est ainsi que j’ai décidé d’entreprendre et de lors je me suis associé à des amis pour mettre en place un groupe de presse. Aujourd’hui, nous avons une télévision, une radio, un site internet et le dernier né un quotidien. Nous n’allons pas en rester là, nous allons continuer à travailler.

Je n’ai jamais cherché à être influent, je travaille seulement et poursuis mes rêves.

Quand je fais une chose, je la fais bien, je vise l’excellence. Je suis perfectionniste dans le travail. Ce qui fait que quand je présente une émission, je me documente, je me prépare en amont pour pouvoir captiver les téléspectateurs. Sur scène, je fais tout pour intéresser le public au spectacle. Il est nécessaire d’avoir de la prestance car si on rate l’entrée, on rate tout. Il faut réussir à capter son audience dès le début ».

Les difficultés de l’entrepreneuriat

« L’entrepreneuriat a ses réalités et je les vis tous les jours. C’est difficile mais il faut être comme un cultivateur, semer et attendre la pluie. Il ne sait jamais s’il va pleuvoir. Ce n’est pas évident, ce n’est pas sûr et le pari n’est jamais gagné d’avance. On prend des risques et on peut tout perdre du jour au lendemain. Quand on est entrepreneur, on défriche, sème et prie le bon Dieu de pleuvoir pour voir tout ce que l’on a semé sortir de terre. Après, on s’engage, on a une détermination, une force qui nous vient de l’extérieur qui nous motive et qui fait qu’on a envie d’apporter une touche particulière qui nous ouvre la voie.

L’entrepreneuriat c’est un travail de tous les jours, il n’y a pas de repos. Peut-être que cela changera dans 10 ou 15 ans, quand les choses seront stables. Actuellement, le monde, le pays vit une crise et c’est dans ce contexte que nous avons investi. On fait avec mais ce n’est pas évident avec toutes les charges. Les entrepreneurs prennent des risques et on ne sait pas de quoi demain sera fait. Nous avons le goût du risque. On essaye de maitriser les charges du projet et jusque-là nous tenons le bon bout mais il faut continuer à travailler d’arrache-pied et c’est au quotidien. On ne peut rien déléguer, on doit faire et avoir un œil sur tout. Donc, je tire mon chapeau à tous ceux qui prennent des initiatives. Le Sénégal a besoin de tous ces gens motivés qui investissent pour que d’autres jeunes travaillent avec eux.

Comment tirer son épingle du jeu

« Il y a des possibilités pour s’en sortir, il faut juste s’organiser, maitriser son domaine, réfléchir à l’investissement tout en sachant que les banques ne vont pas vous accompagner, qu’il n’y aura personne derrière si ce n’est votre entourage immédiat, et encore … Un entrepreneur est seul. Si les jeunes veulent investir dans le monde médiatique c’est possible mais il faut être prêt à affronter les difficultés. C’est ça entreprendre. Peut-être que demain la donne va changer avec les banques. Elles ne prêtent qu’aux riches. En Afrique, on a des projets mais les structures d’emprunts demandent des papiers, des bilans que l’on n’a pas. Sinon, il y a de la place. Le plus important c’est d’être innovant et de bien s’accrocher ».

Célébrité et entrepreneuriat

« La célébrité peut ouvrir certaines portes et ça s’arrête là. Ce n’est facile pour personne. La célébrité peut faciliter certaines choses certes, mais pour ouvrir les portes des banques, il faut avoir un bilan, des plans solides… Il faut que les banques aient confiance en vos projets, ce qui n’est pas toujours évident. Je ne suis pas de nature à demander des faveurs. Je passe par la voie classique. Par exemple, quand je prends rendez-vous, je ne donne pas mon nom d’animateur Dj Boups mais plutôt celui à l’état civil : Boubacar Diallo. Toutefois, il peut arriver vouloir ouvrir une porte bien quadrillée que Boubacar ne peut pas ouvrir mais Dj Boub’s, oui (rires) ».

Aujourd’hui, mon rêve le plus hallucinant c’est d’avoir des congés. Cela fait cinq ans que je travaille sans congé ».

Alioune Mbaye- Aissatou Faye